
1/Dans quelles circonstances es-tu allée a l'Église la toute première fois?
2/Ton Frère Ulrich était-il déjà organiste?
3/Comment ton Frère connaissait-il Jehan Alain?...
Ayant eu la chance de cotoyer Helga,vue que je suis son élève; Helga a eu la gentillesse de répondre a quelques questions que voici:
1/Dans quelles circonstances es-tu allée a l'Église la toute première fois?
Mon père était un solitaire. Il avait construit notre maison dans une vallée où nous étions les seuls habitants. Mon tout premier souvenir est fixé sur le jour de ce démangement dans une maison toute neuve et vide, entourée de champs et de forêts, dans laquelle ma soeur ainée tâchait allumer un feu. J'ai dû avoir quatre ou cinq ans. L'église la plus proche se trouvait au village à trois kilomètres de distance. Il y avait un très bel orgue. Je ne me souviends pas moi-même, mais ma mère m'a rapporté qu'en rentrant de la messe, à laquelle mes parents assistaient régulièrement, je reproduisait de mêmoire la musique que j'y avais entendue sur l'harmonium qui se trouvait à la maison de mes parents.
2/Ton Frère Ulrich était-il déjà organiste?
Mon frère était déjà organiste-improvisateur, mais l'accès à l'orgue du village - un orgue historique - nous était totalement interdit jusqu'à la mort de l'organiste titulaire. Par la suite mon frère a été appélé de devenir l'organiste de cette paroisse.
3/Comment ton Frère connaissait-il Jehan Alain?
Mon frère écoutait tous les dimanche matin une emission radiophonique sur la musique d'orgue. Il était très attiré par la musique française, de Franck à Dupré. Il improvisait dans ce style de musique et prenait des cours d'orgue à Francfort avec un spécialiste de musique française.
4/A quelle occasion as-tu entendu la musique de Jehah Alain, la toute première fois de ta vie:s'agissait-il des Litanies?
Un jour, dans un concert d'orgue dans une ville à 12 kilomètres de chez mes parents, mon frère a joué les Litanies de Jehan Alain. J'ai dû avoir douze ou treize ans et je lui tournais les pages. Au moment des Litanies je me suis dit que jamais de ma vie je n'arriverais jouer cette musique qui me fascinait. Par cette vision de regret, sur le champs, j'ai pris la décision de travailler un peu plus "sérieusement" mon orgue... J'étais en effet un enfant qui ne faisait pas toujours ce que l'on lui disait faire (des gammes et des excercises techniques par exemple) - un enfant qui rêvait beaucoup, qui était "heureux dans son monde" et qui, dans le regard des autres était à la fois entêté, timide et sauvage.
5/Ta soeur a grandi dans le même milieu social que toi et pourtant....
A l'époque j'avais trois soeurs - entretemps c'est une qui a disparu dans un accident de voiture. Mes soeurs ont pris une autre orientation, sans doute parce qu'elles n'ont pas la même sensibilité d'artiste.
6/Dans quelles circonstances as-tu connu Jean Langlais ?
7/Je suppose que c'est a une epoque ou tu n'etais pas encore organiste titulaire a l'eglise evangelique Allemande.
C'était pendant mes années d'études au concervatoire de Cologne, probablement en 1981. Jean Langlais jouait un concert à la cathedrale d'Altenberg, une demi-heure de route de Cologne, en pleine campagne. J'ai assisté à ce concert en compagnie d'une amie chanteuse française, qui, elle, connaissait Langlais personnellement. Jean Langlais, aveugle, detestait les receptions. Sachant que mon amie et moi étaient venus en voiture de Cologne, il pretendait de devoir prendre un train à Cologne immédiatement après le concert afin de pouvoir monter dans ma petite voiture d'étudiante et éviter la réception à l'issu du concert. Arrivés à Cologne nous avions trois heures devant nous pour dîner ensemble dans une restaurant près de la gare. Ce soir-là nous concluions un marché : il était décidé que pendant mon année d'études à Paris, dans un avenir tout proche, je garderais sa petite fille Caroline quand il s'absentait avec sa femme pour des concerts. En contrepartie il allait mettre à ma disposition son orgue de salon pour répéter. Hélas, sur le champs, la petite fille ne voulait pas se séparer de sa mère - et finalement je ne gardais pas la fille mais son père: c'est pendant les dix dernières années de sa vie que j'ai accompagné Jean Langlais lors de ses déplacements en France et en Allemagne.
Je tiens tout particulierment a remrcier Helga Schauerte 
Note : Interview transmise la Lior :Je remercie Helga pour cette interview qu'elle m'a accordée 